Fonds Brocherel-Broggi

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1992

422 + 68 plaques à verre
Il s’agit de 422 plaques à verre achetées par l’AVAS le 18 novembre 1992 chez M. Franco Armand à Saint-Christophe. Ces plaques ne constituent qu’une partie du fonds de plus de 6.000 photographies de la première moitié du XXe siècle, tirées à partir de négatifs sur plaques (de différent format: 9×12 et 18×24) conservées ou faites directement par Luigi Broggi et Jules Brocherel. Il comprend des vues de paysages de montagne et de monuments, ainsi que beaucoup de portraits et une abondante documentation sur l’architecture rurale et sur l’artisanat typique en Vallée d’Aoste.

Il est déposé auprès des archives de la Région autonome Vallée d’Aoste.

Le fonds Brocherel – Broggi a été entièrement numérisé et catalogué par la RAVdA, il figure dans la photothèque régionale et il est consultable au Brel. (cat. LZZ, le fonds de propriété AVAS va de LZZ_5512 à LZZ_5933).

En 2013, d’autres 68 plaques à verres ont été prêtées à l’AVAS pour la numérisation (et ensuite rendues au propriétaire) et se sont ajoutées au fonds. Ils sont cataloguées de LZZ_6057 à LZZ_6124.

Luigi Broggi
Né en 1845 à Azzate, près de Varèse, Luigi Broggi s’établit en France en 1871-72 suivant la famille qui travaillait dans les forges et entreprend là une activité de colporteur associée à une œuvre de prédicateur de la religion vaudoise. Expulsé de France en 1873, semble-t-il pour sa tentative d’évangélisation, il rejoint la Vallée d’Aoste à la fin de l’année. Pour pouvoir vivre et entretenir sa nombreuse famille, il ouvre une “librairie évangélique” dans un local au rez-de-chaussée d’un bâtiment de rue Croix de Ville où il vend aussi des articles de bureau. Par la suite, il se mettra à faire l’horloger et déplacera son activité rue De Tillier. Dans son petit bazar, outre les lunettes, les montres et encore quelques articles de bureau, on trouve aussi des cartes postales d’Aoste extraites de ses photographies. Il réalise surtout des panoramas de la ville et de quelques localités de la vallée, et s’arrête souvent sur les monuments anciens et les architectures les plus typiques. Après sa mort survenue le 14 juillet 1916, Brocherel en relèvera les archives photographiques.

Jules Brocherel
Jules Brocherel, né à Courmayeur le 24 novembre 1871, effectue ses études à l’école normale d’Aoste et presque tout de suite abandonne l’enseignement pour se consacrer entièrement à l’alpinisme et à l’étude de diverses disciplines scientifiques étudiées également à travers la technique photographique, probablement apprise chez Luigi Broggi. À la mort de Broggi, en 1916, Brocherel relève les archives photographiques en continuant l’activité de production de cartes postales. Ayant reçu les honneurs de la chronique pour ses reportages à caractère scientifique sur l’expédition en Tien Chan organisée en 1900 par le prince Scipion Borghese, il commence à collaborer comme photographe avec les plus prestigieux journaux de l’époque. Partisan convaincu de l’importance de la naissance d’un tourisme sérieux et organisé en Vallée d’Aoste et ardent défenseur d’une œuvre de modernisation systématique de la région, il répand ses idées à travers différentes publications parmi lesquelles le mensuel “Augusta Prætoria” dont il fut le fondateur et le directeur de 1919 à 1953. Parmi ses œuvres illustrées, celles qui contribuèrent surtout à faire connaître la Vallée d’Aoste, sont la Guida illustrata di Courmayeur e dintorni (1895), la monographie Castelli valdostani (1930) et les deux volumes La Valle d’Aosta (1932-33). Passionné d’ethnographie et de folklore, il ouvre en 1927 à Aoste une boutique pour la vente des produits de l’artisanat local et en 1936, il organise une exposition d’art valdôtain populaire. Il s’occupe également de linguistique, dialectologie et toponymie ; en 1951, il obtient sa charge la plus importante, la nomination en tant que premier directeur de la Bibliothèque Régionale. Il mourra trois ans après sa nomination, en 1954.